Nouvelles

Bioprox triple ses capacités dans les ferments lactiques

19/02/2008 – L’Usine Nouvelle

Investissement

Bioprox, spécialisée dans la production de ferments lactiques pour l'industrie laitière, s'apprête à engager plus de 5 millions d'euros sur son site de Noyant (Maine-et-Loire). Ce plan fait suite à un programme de 1,5 millions d'euros achevé l'année dernière. L'entreprise fait figure d'outsider sur ce segment dominé par des majors comme Christian Hansen ou Danisco.

Le projet porte sur l'installation de deux nouveaux lyophilisateurs permettant de tripler ses capacités dans ce domaine ainsi qu'un fermenteur supplémentaire. Un laboratoire de 500 m² et des aménagements connexes, notamment pour le traitement des effluents, sont également prévus. Ce programme impliquera l'embauche de 15 salariés supplémentaires s'ajoutant aux 35 personnes travaillant sur le site. « Il s'agit principalement d'investissements capacitaires », expose Arnaud Moor, P-DG.

D'autres investissements devraient suivre. Un nouvel atelier de ferments congelés (par opposition au lyophilisé) est envisagé à l'horizon 2011. Bioprox a connu une croissance de 30 % l'année dernière à 5 millions d'euros de chiffre d'affaires. Elle compte rééditer cette progression cette année...

De notre correspondant en Pays de la Loire, Emmanuel Guimard

Pays de la Loire

lundi 18 février 2008 – OUEST-FRANCE

Elle met en poudre les bonnes bactéries du lait


Élevés dans des milieux nutritifs, les ferments lactiques de l'entreprise Bioprox sont ensuite concentrés sous forme de poudre, puis mélangés dans des cocktails prêts à l'emploi pour les laiteries :

Bioprox va construire un labo près de Saumur. L'entreprise met au point les cocktails de ferments lactiques pour le roquefort ou la faisselle

« Il existe 400 types de fromages en France. Les ferments lactiques jouent un rôle décisif dans cette diversité. » Arnaud Moor dirige la société Bioprox, filiale du groupe de chimie français Protex international, spécialisée dans les ferments lactiques.

« Ce sont des bactéries utiles et non pathogènes, naturellement présentes dans le lait et ses produits dérivés. Elles interviennent dans la fermentation du lait et agissent sur la texture, le goût, les saveurs, les arômes et l'acidité des produits laitiers. On les utilise dans l'agroalimentaire », explique Éric Carieu, directeur de l'usine Bioprox où travaillent 40 salariés à Noyant (Maine-et-Loire), près de Saumur.

Ici, 2120 souches de ferments lactiques sont sélectionnées, multipliées, élevées dans des milieux de culture, concentrées sous forme de poudre par lyophilisation (déshydratation à froid), ensachées, mélangées en cocktail, stockées puis vendues aux laiteries françaises ou exportées.

Bioprox vient d'obtenir le permis de construire pour agrandir son usine. Elle va y installer son laboratoire de recherche et développement, jusqu'à présent implanté à Château-Renault, près de Tours.

Une « souchothèque »

Le nouveau bâtiment, de 400 m2, abritera la « souchothèque du groupe », collection de ferments lactiques dans laquelle l'entreprise pioche pour élaborer ses mélanges. Six personnes y travailleront, dont deux créations de poste. Montant investi : 500 000 €.

Les ferments lactiques de Bioprox ensemencent le lait servant à fabriquer le roquefort Papillon ou la faisselle de l'industriel breton Triballat. Ils sont aussi utilisés pour le cheddar, la fêta grecque, la mozzarella, le camembert... On les trouve dans les yaourts.

« Pas mal de nos clients demandent des ferments lactiques pour rehausser la typicité et le goût des fromages. D'autres veulent des ferments moins chers et plus actifs pour améliorer les rendements », déclare Arnaud Moor. La piste des probiotiques, micro-organismes bénéfiques pour la santé, est aussi explorée en partenariat avec des universités.

« Chaque lot est systématiquement contrôlé pour garantir l'absence de tout germe pathogène dans nos ferments. On ne s'imagine pas le travail qu'il y a derrière un produit laitier standard afin d'éviter au consommateur toute mauvaise surprise sur le goût ou l'aspect du produit », conclut Éric Cadieu.

Xavier BONNARDEL.